ASSEMBLÉE GÉNÉRALE  ADRA 24

 

LE PALIO à BOULAZAC  - 18 OCTOBRE 2013

 

 

Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les députés,

Monsieur le Président du conseil général,

Mesdames et Messieurs les conseillers régionaux et généraux,

Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs,

Chers amis retraités agricoles de la Dordogne,

 

Je remercie tous les élus de leur présence parmi nous. Merci également à tous nos amis retraités agricoles, toujours déterminés, d'être aussi nombreux aujourd'hui.

 

Je n'oublie pas non plus notre sponsor, le Crédit Agricole, qui nous assure de son soutien sans faille. Merci au conseil Général de la Dordogne.

 

            Après 18 mois de changement politique, où en sommes-nous ? Qu'en est-il dans la réalité du fameux slogan de la campagne présidentielle de François HOLLANDE : "LE CHANGEMENT C'EST MAINTENANT".

 

Jusqu’à ce jour, nous cherchons en vain la mise en œuvre des promesses et des engagements du candidat devenu Président. A l'en croire, tout devait être mieux dès qu'il serait au pouvoir et une grande espérance s'était emparée du monde rural. Elle a été rapidement déçue car aucune mesure n'a été prise pour améliorer notre sort qui devient de plus en plus précaire.

 

La confortable situation matérielle de nos gouvernants les éloigne chaque jour un peu plus de la dure réalité quotidienne et des conditions de vie plus que difficiles qu'imposent aux retraités agricoles leurs maigres retraite. Cette situation est connue depuis fort longtemps et c'est un véritable scandale de la laisser perdurer.

 

Comment vivre de nos jours avec moins de 700 € par mois pour un chef d'exploitation et moins de 500 € pour son épouse ? Rappelons simplement, à titre de comparaison purement chiffrée, que les députés et les sénateurs perçoivent, après 5 ans de mandat, plus du double de ce qu'un agriculteur reçoit après avoir cotisé pendant 40 ans. Malgré tout le respect que j’ai pour ces élus de la nation, une telle disparité est invraisemblable, même en tenant compte de leurs responsabilités. Qu’est devenue la notion d'égalité républicaine. Ne soyez donc pas étonnés si nous sommes amers et désabusés et si nous nous sentons trahis.

 

Pour nous, les promesses de nos hommes politiques devraient avoir valeur d'engagement mais il est vrai que, selon un adage bien connu, "les promesses n'engagent que ceux qui les croient". L'impuissance de ce gouvernement est d'autant plus étonnante qu'il détient les leviers du pouvoir à tous les niveaux.

 

Enfin, après ces 18 mois d'alternance politique et d’immobilisme à l'égard du monde agricole, une promesse que l'on croyait morte et enterrée est revenue à l'ordre du jour lors de la réforme des retraites, la mise en place de la RCO (retraite complémentaire) pour les conjoints et aides familiaux et les 75% du SMIC pour les chefs d’exploitations à carrière complète. Le 1er août dernier, une table ronde a réuni au Ministère de l'Agriculture à Paris les syndicats agricoles, la M.S.A et l'A.N.R.A.F. en présence des ministres de l'agriculture, des affaires sociales et de Germinal PEYROT, défenseur des retraités agricoles et initiateur des engagements de François HOLLANDE. Jeannine DELFOUR et Jean ESQUERRE vous en feront le compte rendu détaillé.

 

La réforme des retraites constituait pour nous un grave sujet d'inquiétude et les propos alarmistes de la Cour des Comptes et des médias, relayant ceux du gouvernement, n'étaient pas faits pour nous rassurer. Finalement, comme bien souvent, "la montagne a accouché d'une souris". Si le gouvernement FILLON a retardé l'âge de départ en retraite, celui de Jean-Marc AYRAULT prolonge la durée de cotisations pour obtenir une retraite à taux plein, ce qui est une façon déguisée de retarder dans les faits l'âge de départ en retraite, les résultats sont les mêmes.

 

Les retraités seront également mis à contribution puisque la revalorisation des retraites, sauf le minimum vieillesse, devrait être reportée du 1er avril au 1er octobre.

 

Quoi qu'il en soit et dans l'état actuel des choses, la situation de la majorité de nos adhérents sera en 2014 encore plus difficile en dépit des annonces incohérentes d’une soit disant pause fiscale.

 

Ce gouvernement qui, selon François HOILLANDE, prétendait faire payer "les riches", s'attaque en fait aux moins riches et reprend d'une main ce qu'il a accordé de l'autre. Nous sommes surpris et étonnés de la politique menée à l'égard des familles et des retraités qui, pourtant comme les entreprises, sont source de vitalité.

 

Une seule conclusion s'impose : trop d'impôts et de taxes, d’où le raz le bol fiscal du peuple français. Quelle injustice dans le partage des efforts nécessaires pour le redressement du pays !

 

Le projet de loi, historique, accordant la retraite complémentaire aux conjoints et aides familiaux qui devait concrétiser les engagements de François HOLLANDE est loin de répondre à nos attentes. Sans vouloir accabler les députés et sénateurs de la Dordogne et encore moins Germinal PEIRO, le compte n'y est pas.

 

Le montant mensuel de la retraite complémentaire prévue à 29,50 € pour les conjoints femmes et à 12,50 € pour les aide-familiaux hommes, ainsi que l'actualisation des 75 % du S.M.I.C. en 3 ans seront loin de compenser la chute de notre pouvoir d'achat d'ici 2017. Je veux rappeler à ce sujet :

 

- la retraite complémentaire R.C.O. (loi PEIRO) versée en 2002 sous le gouvernement JOSPIN aux chefs d'exploitation s'élevait à 90 € par mois. En 2010, les députés socialistes alors dans l'opposition avaient voté un projet de loi déposé par Germinal PEIRO visant à allouer aux conjoints et aide-familiaux une retraite complémentaire mensuelle de 60 à 90 € nous disait-on.

 

- les 75 % du S.M.I.C. accordés en 2002 (loi PEIRO) auraient du être actualisés dès 2012 sans attendre 2017.

 

Pourquoi ce qui était évident pour ces élus quand ils étaient dans l'opposition devient impossible quand ils se retrouvent dans la majorité ?

 

Ceci est d'autant plus inconcevable que les ressources nécessaires au financement de nos retraites existent : notre association nationale l'A.N.R.A.F. a depuis longtemps proposé des mesures justes et simples pour y parvenir. Malheureusement   la simplicité est une des notions ignorées la plupart du temps par nos politiques et  l’administration Française.

 

Outre les remarques que je viens de formuler sur la retraite complémentaire et les 75 % du S.M.I.C., voici d'autres points sur lesquels nous n'avons pas été entendus :

 

- les points de retraite proportionnelle pour les invalides et grands malades retraités. Cette promesse écrite est-elle oubliée ?

 

- à quand l'alignement du plafond des majorations des non salariés agricoles sur le plafond de ressources du minimum contributif ? Au 1er janvier 2013, 841,45 € pour les petites retraites agricoles des non salariés, 1.026,10 € pour le minimum contributif. Quand cette profonde injustice va-t-elle cesser ?

 

- pour assurer l'égalité, nous demandons que la dépendance soit placée sous le contrôle de la Sécurité Sociale afin que tous puissent en bénéficier

 

- les dépassements d'honoraires qui frappent lourdement les moins favorisés doivent être supprimés alors qu'ils progressent sans cesse du fait de négociations mal gérées.

 

Face à l'adversité, nous, retraités, devons poursuivre notre lutte et ne jamais renoncer. Notre objectif est d'obtenir des améliorations pour tous, sans distinction de catégories, et plus particulièrement 85 % du S.M.I.C. et la parité hommes/femmes pour atteindre, à terme, l'égalité avec les autres catégories socioprofessionnelles.

 

Nous ne sommes pas responsables de l'endettement de la France qui n'est que le résultat d'une gestion lamentable depuis des dizaines d'années.

 

Nous avons pris acte des mesures prises à notre encontre, si elles vont dans le sens de l’égalité, et ont le mérite d'exister, elles sont très largement insuffisantes. Mais sachez bien, vous toutes et tous ici présents, que ces petites avancées vers plus de justice sociale n’ont pu être obtenues que grâce à votre mobilisation, et à l’action revendicative que nous menons en permanence.  

 

Chers amis retraités, ne baissons pas les bras et gardons confiance. L'espoir de jours meilleurs doit guider notre combat. La lutte quotidienne continue.

 

Je ne veux pas terminer mon discours sans remercier les responsables et délégués des cantons et communes de Dordogne qui m'entourent. Leur dévouement et leur dynamisme permettent à notre association de fonctionner avec efficacité.

 

En dernier lieu, je tiens à adresser un hommage tout particulier à notre secrétaire, Liliane VEYSSY, pour la création de notre site internet ADRA24.fr, qui vient d'être ouvert et va permettre une meilleure information et une communication  plus rapide. Je ne saurais trop vous conseiller de le consulter et, surtout de vous initier à l'informatique. Je suis persuadé que tous les présidents de cantons auront à cœur de mettre en place cette formation pour permettre à tous nos adhérents de vivre avec leur temps.

 

Merci à tous de m'avoir écouté et à très bientôt.

 

 

 

Roger TRENEULE

 

Président